- Les crevettes séchées et le gammarus sont une friandise protéinée, pas l’aliment de base des koï et poissons rouges.
- À donner en petite quantité, 1 à 2 fois par semaine, mangée en 5 minutes maximum.
- Le poisson est à sang froid : ne nourrissez pas quand l’eau est trop froide (réduisez sous 10 °C, arrêtez vers 4-5 °C).
- Les caroténoïdes du gammarus soutiennent les couleurs rouge et orange, à condition de ne pas suralimenter et de surveiller la qualité de l’eau.
Vous avez sûrement vu vos koï ou vos poissons rouges se précipiter dès qu’une poignée de crevettes séchées touche la surface. C’est un moment agréable, et ces petites proies séchées ont un vrai intérêt nutritionnel. Mais elles se donnent avec méthode. Un poisson de bassin est un animal à sang froid dont l’appétit et la digestion dépendent directement de la température de l’eau, et un bassin est un milieu fermé où le moindre excès de nourriture finit par polluer l’eau. Dans ce guide, je vous explique concrètement à quoi servent les crevettes séchées et le gammarus, combien en donner, quand s’abstenir selon la saison, et comment éviter les erreurs qui coûtent cher à la santé de vos poissons.
Pourquoi donner des crevettes séchées aux koï et poissons rouges
Les crevettes séchées et le gammarus sont une source concentrée de protéines animales, à utiliser comme complément appétent et non comme ration principale. Le gammarus, une petite crevette d’eau douce, titre couramment autour de 50 % de protéines une fois séché, ce qui en fait un aliment riche, proche de ce que les koï et poissons rouges consomment naturellement dans un bassin bien vivant (larves, petits crustacés, insectes). Cet apport protéiné est particulièrement utile aux beaux jours, quand les poissons sont actifs, se déplacent beaucoup et reconstituent leurs réserves.
Il faut cependant garder la juste place à cet aliment. Un poisson de bassin en bonne santé a besoin d’une base équilibrée, généralement un granulé formulé qui apporte protéines, lipides, fibres, vitamines et minéraux dans les bonnes proportions. Les crevettes séchées viennent enrichir cette base et rompre la monotonie, un peu comme une friandise chez un chien ou un chat. Selon les repères nutritionnels partagés par la FEDIAF, l’équilibre global de la ration prime toujours sur un ingrédient pris isolément. Une crevette séchée, aussi qualitative soit-elle, ne remplace donc pas un aliment complet.
Crevettes séchées et couleur du poisson
Le gammarus et les crevettes séchées peuvent soutenir les teintes rouge et orange des koï et poissons rouges parce qu’ils contiennent des caroténoïdes, notamment de l’astaxanthine. Comme les poissons ne fabriquent pas ces pigments eux-mêmes, ils doivent les trouver dans leur alimentation pour les fixer dans la peau et les écailles.

C’est un point bien documenté en aquaculture ornementale : les caroténoïdes, et l’astaxanthine en particulier, sont les principaux responsables de la pigmentation rouge-orangé des poissons d’ornement. Le gammarus en apporte naturellement, ce qui explique pourquoi beaucoup d’éleveurs l’utilisent pour rehausser les rouges. Restez toutefois lucide sur les attentes. La couleur dépend aussi de la génétique du poisson, de la qualité de l’eau, de la lumière et de l’équilibre général de la ration. Une friandise ne transforme pas un poisson terne en sujet de concours, elle aide simplement un poisson déjà sain à exprimer son potentiel. Et donner plus de crevettes n’intensifie pas davantage la couleur : au-delà d’un certain apport, l’excédent ne sert à rien et pèse sur l’eau.
Dosage et fréquence
La bonne quantité de crevettes séchées est celle que vos poissons consomment en cinq minutes, à raison d’une à deux distributions par semaine en complément de leur aliment de base. Cette règle des quelques minutes est la référence la plus simple et la plus fiable pour un bassin : tout ce qui n’est pas mangé rapidement se dépose au fond, se décompose et dégrade la qualité de l’eau.
Comment servir
Distribuez une petite poignée, observez, et n’ajoutez rien tant que la première n’est pas avalée. Beaucoup d’aquariophiles réhydratent les crevettes séchées quelques minutes dans un peu d’eau du bassin avant de les donner : elles gonflent, deviennent plus faciles à avaler et flottent moins longtemps, ce qui limite les résidus. Pour les poissons rouges, sensibles aux troubles digestifs et à la flottaison, cette réhydratation est particulièrement recommandée. Retirez toujours à l’épuisette ce qui reste au bout de quelques minutes.
« Je le répète à chaque client : la crevette séchée, c’est le dessert, pas le plat principal. Un poisson maigre ne se rattrape jamais avec des friandises, et un poisson suralimenté finit par polluer sa propre eau. Cinq minutes, deux fois par semaine, et vous êtes tranquille. »— Sébastien Marchand
Température de l’eau et saisons
Vous ne devez adapter les crevettes séchées ni au calendrier ni à votre humeur, mais à la température de l’eau, car c’est elle qui commande la digestion des poissons de bassin. En dessous de 10 °C, le métabolisme ralentit fortement et les aliments riches en protéines deviennent difficiles à digérer : c’est le moment de les réduire, puis de passer à des aliments plus digestes de type germe de blé. Vers 4 à 5 °C, les poissons entrent en quasi-repos hivernal et il faut cesser toute distribution, y compris les friandises. Un aliment protéiné laissé dans un estomac qui ne digère plus se dégrade et devient un vrai danger.
Le bon réflexe
Gardez un thermomètre dans le bassin et laissez-le décider à votre place. Au printemps, attendez que l’eau se réchauffe durablement avant de réintroduire les crevettes séchées, en commençant par de petites quantités. En plein été, quand l’eau est chaude et les poissons très actifs, c’est la période la plus favorable pour une friandise protéinée, à condition de surveiller l’oxygène dissous qui baisse quand l’eau chauffe. À l’automne, réduisez progressivement à mesure que la température descend.
| Température de l’eau | Comportement du poisson | Crevettes séchées / gammarus |
|---|---|---|
| Sous 4-5 °C | Repos hivernal, digestion quasi nulle | Aucune distribution |
| 4-5 à 10 °C | Activité et digestion ralenties | À éviter, préférer un aliment digeste |
| 10 à 15 °C | Reprise progressive de l’appétit | Petites quantités, avec prudence |
| Au-dessus de 15 °C | Poissons actifs, digestion efficace | 1 à 2 fois par semaine, en friandise |
Précautions et qualité de l’eau
La principale précaution avec les crevettes séchées est de ne jamais suralimenter, car dans un bassin chaque excédent se transforme rapidement en ammoniac et en nitrites toxiques pour les poissons. Ces déchets azotés proviennent à la fois des restes de nourriture qui pourrissent et des déjections plus abondantes quand on donne trop. Un pic d’ammoniac ou de nitrite peut stresser, affaiblir, voire tuer des koï et des poissons rouges, et la matière organique en décomposition consomme de l’oxygène, une ressource déjà limitée par temps chaud.
Concrètement, respectez la règle des cinq minutes, retirez systématiquement les restes et surveillez votre eau, surtout si vous augmentez les distributions à la belle saison. Un test régulier de l’ammoniac et des nitrites, comme le recommandent les références vétérinaires sur les poissons de bassin, vous alerte avant que le problème ne devienne visible sur les poissons. Enfin, choisissez des crevettes séchées ou du gammarus de qualité, bien conservés au sec, et évitez d’en faire la seule source d’apport animal : la variété et la modération restent vos meilleurs alliés.
Quiz : testez vos connaissances
Quelle place occupent les crevettes séchées dans l’alimentation d’un koï ?
En dessous de quelle température faut-il cesser toute distribution ?
Pourquoi le gammarus aide-t-il à la couleur ?
Envie de choisir la bonne friandise protéinée pour vos poissons de bassin sans vous tromper sur le dosage ? Nos guides détaillent gammarus, crevettes séchées et bonnes pratiques d’alimentation.
FAQ
Peut-on donner des crevettes séchées tous les jours à des poissons rouges ?
Non, ce n’est pas conseillé. Les crevettes séchées sont une friandise protéinée à réserver à une ou deux distributions par semaine, en complément de l’aliment de base. Un apport quotidien déséquilibre la ration et charge inutilement l’eau du bassin.
Faut-il réhydrater les crevettes séchées avant de les donner ?
C’est recommandé, surtout pour les poissons rouges. En les laissant tremper quelques minutes dans un peu d’eau du bassin, elles gonflent, deviennent plus digestes et flottent moins longtemps, ce qui limite les problèmes de flottaison et les résidus au fond.
Les crevettes séchées rendent-elles vraiment les koï plus colorés ?
Elles peuvent y contribuer grâce aux caroténoïdes, dont l’astaxanthine, qui soutiennent les teintes rouge et orange. Mais la couleur dépend aussi de la génétique, de la lumière et de la qualité de l’eau. La friandise aide un poisson sain à exprimer son potentiel, elle ne crée pas la couleur.
À partir de quelle température de l’eau peut-on nourrir les poissons de bassin ?
Au-dessus de 15 °C, les poissons digèrent bien et une friandise protéinée est adaptée. Entre 10 et 15 °C, réduisez les quantités. Sous 10 °C, préférez un aliment plus digeste, et sous 4-5 °C cessez toute distribution car la digestion est quasi à l’arrêt.
