- Les crevettes séchées et le gammarus sont un complément protéiné, à donner en friandise, pas comme repas principal.
- Utiles surtout pendant la mue automnale et pour soutenir un beau plumage.
- Dosage raisonnable : quelques grammes par poule, 2 à 3 fois par semaine.
- Ils ne remplacent jamais l’aliment complet ni l’eau propre à volonté.
Dans mon poulailler, je garde toujours un bocal de crustacés séchés à portée de main. Les poules en raffolent, et c’est un vrai coup de pouce à certains moments de l’année. Mais comme pour toute gourmandise, la question n’est pas si vous pouvez en donner, c’est combien et quand. Voici, sans langue de bois, comment j’utilise les crevettes séchées et le gammarus avec mes pondeuses, ce qu’elles apportent réellement et les erreurs à éviter.
Les crevettes séchées sont-elles bonnes pour les poules ?
Oui, les crevettes séchées sont bonnes pour les poules à condition de les donner en petite quantité, comme un complément protéiné et non comme repas. La poule est naturellement omnivore : dans un parcours, elle passe sa journée à gratter pour attraper vers, insectes et petits invertébrés. Un crustacé séché n’a donc rien d’exotique pour son organisme, c’est même très proche de ce qu’elle chercherait toute seule.
Ces produits sont surtout intéressants pour leur richesse en protéines, généralement située autour de 50 à 60 % pour un gammarus ou une crevette bien séchés. À titre de repère, un aliment complet de ponte apporte, lui, environ 16 à 18 % de protéines selon les recommandations de nutrition des volailles de basse-cour diffusées par l’ITAVI. La crevette séchée est donc un aliment très concentré : une pincée suffit, ce qui explique pourquoi elle se donne à la main et non à la louche.
Quels bienfaits pour la ponte, la mue et le plumage ?
Le principal intérêt des crevettes séchées est de fournir un apport protéique ciblé pendant les périodes où la poule en a le plus besoin, en particulier la mue. Chaque automne, vos poules renouvellent leur plumage, et une plume est faite à plus de 80 % de kératine, une protéine. Pendant ces quelques semaines, la ponte ralentit ou s’arrête, et l’organisme mobilise beaucoup d’acides aminés pour reconstruire le plumage.

C’est exactement là qu’un petit complément protéiné aide. Je distribue des crustacés séchés deux à trois fois par semaine dès les premières plumes au sol, et je vois la différence : le plumage repousse plus vite et plus dense, les poules sont moins frileuses quand le froid arrive. En dehors de la mue, l’apport soutient aussi les poules qui pondent beaucoup, car le blanc et le jaune d’un œuf représentent un investissement quotidien en protéines. Attention toutefois : les crevettes séchées ne font pas pondre à elles seules. La ponte dépend d’abord de la lumière, de l’âge de la poule et d’un aliment complet équilibré. Voyez-les comme un soutien, pas comme un déclencheur.
Et pour le comportement ?
Un dernier avantage souvent oublié : la friandise crée du lien. Distribuer quelques crevettes à la main habitue les poules à venir vers vous, ce qui facilite l’inspection sanitaire et rend le troupeau plus facile à manipuler. C’est aussi un excellent moyen d’occuper des poules confinées un jour de pluie, en dispersant les crustacés dans la litière pour qu’elles grattent.
Quelle quantité et à quelle fréquence en donner ?
La règle est simple : les friandises, crevettes séchées comprises, ne doivent pas dépasser environ 10 % de la ration quotidienne, le reste devant venir de l’aliment complet. Concrètement, pour une poule adulte, cela représente quelques grammes par jour, soit une petite pincée dans le creux de la main, et une distribution deux à trois fois par semaine suffit largement.
Je conseille de donner les crevettes en fin de journée, une fois que les poules ont déjà mangé leur aliment de base. Ainsi, elles ne se remplissent pas de gourmandises au détriment d’une alimentation équilibrée. Cette limite des 10 % rejoint les principes de rationnement décrits dans les guides de nutrition animale, notamment les recommandations de la FEDIAF sur la place des friandises : un extra reste un extra. Pendant la mue, vous pouvez monter légèrement la fréquence sur quelques semaines, sans jamais en faire l’aliment dominant.
« Une poignée de crevettes séchées deux fois par semaine, ça soutient la mue et ça vous rapproche de vos poules. Le jour où j’en donne à la brouette, je crée le problème que je voulais éviter. »— Sébastien Marchand
Quelles précautions avant d’en donner à vos poules ?
La principale précaution est de ne pas transformer un complément en excès : trop de protéines fatigue l’organisme de la poule et déséquilibre la ration. Un apport protéique chroniquement trop élevé sollicite les reins et peut favoriser des troubles, comme le rappellent les travaux sur l’alimentation animale relayés par l’ANSES. Le bon réflexe est de rester dans la petite quantité et de varier les sources plutôt que de donner le même extra tous les jours.
Trois autres points méritent votre attention. D’abord, l’eau propre à volonté : les crevettes séchées sont, par définition, déshydratées, et une poule qui en consomme boit davantage. Vérifiez toujours que l’abreuvoir est plein et propre. Ensuite, la qualité du produit : choisissez des crustacés destinés à l’alimentation animale, secs, sans odeur de rance ni moisissure. Un produit mal conservé peut développer des toxines. Enfin, la variété : une friandise ne doit jamais masquer un aliment de base médiocre. Si vos poules boudent leur granulé pour ne réclamer que les crevettes, c’est le signe qu’il faut réduire les extras.
Crevettes séchées, gammarus ou vers de farine ?
Ces trois compléments se ressemblent : ce sont tous des sources protéiques à distribuer avec parcimonie, et le choix tient surtout à la disponibilité et au prix. Le gammarus est en réalité un petit crustacé d’eau douce, très proche de la crevette séchée dans son usage. Les vers de farine séchés, eux, sont des insectes, tout aussi appréciés. Voici comment je les situe les uns par rapport aux autres.
| Complément | Protéines (ordre de grandeur) | Atout principal | Mon usage |
|---|---|---|---|
| Crevettes / gammarus séchés | ~50-60 % | Très appétents, riches en protéines | Mue et lien avec les poules |
| Vers de farine séchés | ~50 % | Faciles à disperser, insectes naturels | Occupation et friandise dressage |
| Graines de tournesol | ~15-20 % | Riches en lipides, énergie | Coup de chaud avant l’hiver, à doser |
Quiz : testez vos connaissances
Quelle part de la ration les friandises ne devraient-elles pas dépasser ?
À quelle période les crevettes séchées sont-elles le plus utiles ?
Les crevettes séchées peuvent-elles remplacer l’aliment complet ?
Envie de bien choisir votre complément protéiné et de doser sans vous tromper ? Retrouvez tous nos repères pratiques sur le gammarus et les crevettes séchées.
FAQ
Combien de crevettes séchées par poule et par jour ?
Comptez quelques grammes, l’équivalent d’une petite pincée dans le creux de la main, deux à trois fois par semaine. Les friandises ne doivent pas dépasser environ 10 % de la ration quotidienne, le reste venant de l’aliment complet.
Les crevettes séchées font-elles pondre les poules ?
Non, pas directement. La ponte dépend surtout de la lumière, de l’âge de la poule et d’un aliment complet équilibré. Les crevettes séchées apportent des protéines qui soutiennent la ponte et la mue, mais ne la déclenchent pas à elles seules.
Gammarus ou crevettes séchées, quelle différence ?
Le gammarus est un petit crustacé d’eau douce, la crevette une espèce le plus souvent marine, mais leur usage est identique : un complément protéiné très appétent, riche en protéines, à donner en petite quantité. Vous pouvez alterner les deux sans problème.
Peut-on donner des crevettes séchées aux poussins ?
Mieux vaut attendre. Les poussins ont besoin d’un aliment démarrage spécifique et parfaitement équilibré. Réservez les friandises protéinées aux poules qui ont terminé leur croissance, en les distribuant avec la même modération.
