Gammarus pour les oiseaux : mésanges, canards et volaille

L’essentiel

  • Le gammarus est un petit crustacé d’eau douce séché, très riche en protéines, que beaucoup d’oiseaux consomment naturellement.
  • Pour les mésanges et les oiseaux du jardin, c’est un appoint utile surtout en hiver, à cesser au printemps.
  • Pour les canards, c’est bien meilleur que le pain, mais à donner avec parcimonie.
  • À servir en petite quantité, de préférence réhydraté, avec toujours de l’eau propre à disposition.

Au fil des saisons, on me demande souvent si le gammarus, ce petit crustacé séché qu’on trouve au rayon aquariophilie, convient aussi aux oiseaux. La réponse est oui, et il rend même de vrais services : aux mésanges qui manquent d’insectes l’hiver, aux canards que l’on veut nourrir autrement qu’avec du pain, et aux volailles de basse-cour. Encore faut-il savoir à qui en donner, en quelle quantité et sous quelle forme. Voici mes repères de terrain, espèce par espèce, sans idée reçue.

Le gammarus pour les oiseaux, qu’est-ce que c’est ?

Le gammarus est un petit crustacé d’eau douce séché, très riche en protéines, que de nombreux oiseaux consommeraient naturellement au bord de l’eau. On l’appelle parfois « puce d’eau » : c’est un amphipode de quelques millimètres qui vit dans les rivières et les mares, et qui figure déjà au menu des canards et des oiseaux aquatiques à l’état sauvage.

Séché, il concentre l’essentiel de ses protéines, généralement autour de 50 à 60 % de son poids, une valeur comparable à celle des vers de farine séchés. C’est ce qui explique son intérêt comme complément : une petite quantité apporte beaucoup. Très appétent, il est d’abord vendu pour les poissons et les tortues, mais rien n’empêche de le proposer aux oiseaux, à condition de raisonner comme pour toute friandise protéinée, c’est-à-dire avec mesure.

Le gammarus est-il bon pour les mésanges et les oiseaux du jardin ?

Pour les mésanges et les oiseaux du jardin, le gammarus est un appoint protéiné utile surtout en hiver, à réserver à la mauvaise saison. Les mésanges sont largement insectivores : au printemps, elles nourrissent leurs petits de chenilles et d’insectes. Mais quand le froid s’installe et que les insectes disparaissent, un complément riche en protéines les aide à tenir les longues nuits d’hiver.

gammarus oiseaux
Gammarus oiseaux

La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) recommande de ne nourrir les oiseaux du jardin que pendant la période froide, en gros de la mi-novembre à la fin mars, puis d’arrêter dès le retour des beaux jours. La raison est simple : au printemps, les adultes risquent de donner à leurs oisillons des aliments secs et durs, mal adaptés à de très jeunes oiseaux. Je réserve donc le gammarus à l’hiver, mélangé aux graines grasses sur la mangeoire, et je l’humidifie légèrement pour qu’il soit plus facile à avaler. Pensez aussi à laisser un point d’eau propre, car un oiseau qui mange sec a besoin de boire.

Et au moment de la nidification ?

Pendant la période de reproduction, la prudence s’impose. Un aliment sec avalé tel quel peut poser problème à un oisillon. Si vous tenez à proposer des protéines au printemps, réhydratez toujours le gammarus quelques minutes dans un peu d’eau avant de le déposer, et n’en faites qu’un appoint très ponctuel. Le programme Oiseaux des jardins, coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle et la LPO, rappelle que la meilleure aide reste un jardin vivant, riche en insectes et en haies.

Peut-on donner du gammarus aux canards ?

Pour les canards, le gammarus est une bien meilleure idée que le pain, car il correspond à leur régime naturel d’invertébrés aquatiques. Un canard sauvage passe sa journée à filtrer la vase et à happer petits crustacés, larves et plantes. Lui proposer du gammarus, c’est rester très proche de ce qu’il cherche spontanément, là où le pain, lui, ne lui apporte quasiment rien.

Le pain est d’ailleurs fortement déconseillé par les associations de protection de la nature : trop pauvre en nutriments, il rassasie l’animal sans le nourrir, favorise des déséquilibres de croissance et pollue l’eau en fermentant. Si vous nourrissez des canards, quelques gammarus jetés au bord de l’eau valent infiniment mieux. Restez toutefois raisonnable : nourrir massivement des canards sauvages les rend dépendants, les concentre et dégrade les points d’eau. Voyez cet apport comme un geste occasionnel, pas comme un repas quotidien. Pour des canards d’élevage familial, le gammarus vient en complément d’un aliment adapté, jamais à sa place.

Quelle quantité de gammarus et sous quelle forme ?

La règle est de donner le gammarus en petite quantité, réhydraté de préférence, et toujours avec de l’eau propre à disposition. Comme tout complément protéiné, il ne doit représenter qu’une petite part de ce que mange l’oiseau, l’essentiel venant de sa nourriture habituelle ou, pour la basse-cour, d’un aliment complet.

Trois réflexes valent pour toutes les espèces. D’abord, la réhydratation : tremper le gammarus quelques minutes dans de l’eau le ramollit, facilite la digestion et limite le risque d’étouffement chez les jeunes oiseaux. Ensuite, l’eau de boisson : un aliment sec donne soif, un abreuvoir ou une coupelle propre est indispensable. Enfin, la variété et la qualité : choisissez un produit sec, sans odeur de rance ni moisissure, et alternez avec d’autres sources plutôt que d’en donner en continu. Les invertébrés séchés étant pauvres en calcium, ils ne doivent jamais constituer l’unique aliment, sous peine de déséquilibrer la ration sur la durée.

50-60 %de protéines dans le gammarus séché
mi-nov. à fin marspériode de nourrissage conseillée (LPO)
0 painà ne jamais donner aux canards
1 point d’eaupropre, toujours à disposition

« Un oiseau, ça se nourrit au bon moment et à la bonne dose. Une pincée de gammarus réhydraté l’hiver rend service ; le même geste tous les jours au printemps crée les ennuis qu’on voulait éviter. »— Sébastien Marchand

Gammarus, vers de farine ou graines : que choisir ?

Le choix entre gammarus, vers de farine et graines dépend de l’oiseau que vous nourrissez et de la saison. Les trois se complètent : les crustacés et insectes apportent des protéines, les graines grasses de l’énergie pour affronter le froid. Voici comment je les situe les uns par rapport aux autres.

Aliment Protéines (ordre de grandeur) Pour qui Mon usage
Gammarus séché ~50-60 % Canards, mésanges, basse-cour Appoint protéiné, réhydraté, l’hiver
Vers de farine séchés ~50 % Insectivores du jardin, poules Friandise et occupation, à humidifier
Graines grasses (tournesol) ~15-20 % Mésanges, verdiers, pinsons Base énergétique de la mangeoire d’hiver
À savoir : sur une mangeoire d’hiver, la base reste les graines grasses pour l’énergie ; le gammarus et les vers de farine ne sont qu’un petit plus protéiné. Alternez-les d’une semaine à l’autre plutôt que de proposer toujours le même complément.

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FAQ

Le gammarus convient-il aux mésanges ?

Oui, en hiver surtout. Les mésanges manquent d’insectes pendant la mauvaise saison, et le gammarus leur apporte des protéines. Réhydratez-le, proposez-le en petite quantité avec les graines grasses, et cessez le nourrissage au retour du printemps.

Peut-on nourrir les canards avec du gammarus au lieu du pain ?

Oui, et c’est nettement préférable. Le pain n’apporte quasiment rien et pollue l’eau, alors que le gammarus fait partie du régime naturel des canards. Donnez-en peu et de façon occasionnelle, pour ne pas rendre les animaux dépendants.

Faut-il réhydrater le gammarus avant de le donner ?

C’est vivement conseillé, surtout pour les jeunes oiseaux. Un trempage de quelques minutes dans l’eau ramollit le crustacé, facilite la digestion et réduit le risque d’étouffement. Laissez toujours de l’eau de boisson propre à côté.

Le gammarus peut-il être l’unique aliment d’un oiseau ?

Non. C’est un complément protéiné, pauvre en calcium, qui doit rester une petite part de la ration. La base reste la nourriture naturelle de l’oiseau ou, pour la basse-cour, un aliment complet équilibré.

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